Littérature étrangère

Milena Agus

Terres promises

  • Milena Agus
    Traduit de l’italien par Marianne Faurobert
    Coll. «NULL»
    Liana Levi
    01/03/2018
    172 p., 15 €
  • Chronique de Sarah Gastel
    Librairie Terre des livres (Lyon)
  • Lu & conseillé par
    23 libraire(s)
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Chronique de Sarah Gastel

Librairie Terre des livres (Lyon)

Les personnages de Milena Agus semblent souvent débarquer de la lune. Pourtant, dans ce nouveau roman, c’est bien une terre promise, lieu de bonheur et de métamorphose, entre Sardaigne et Amérique, qu’ils recherchent.

Depuis Mal de pierres et son inoubliable héroïne, traduit dans vingt-six pays et adapté au cinéma, Milena Agus construit un univers unique, à rebrousse-poil de toute mode, porté par un regard malicieux sur l’existence et ses épreuves. Les vies minuscules et les esprits fêlés sont fêtés dans des farandoles d’histoires facétieuses. L’ordinaire est réveillé par un brin de cocasserie, dévoilant l’ambivalence des êtres et des choses et transfigurant les personnages innocents ou cabossés en forces vives, dans une ingénieuse inversion. On retrouve ce même univers dans son nouveau roman Terres promises, avec l’histoire d’une famille sarde sur trois générations, en quête d’un ailleurs et d’un idéal, pour vivre heureux. Cette terre promise, tout le monde la cherche et sait ce dont il s’agit : le sentiment d’être arrivé là où l’on avait toujours désiré être. Pour Raffaele, elle est sur le Continent. Mais pour Ester, sa jeune épouse sarde, c’est son île. Leur fille unique Felicita y découvrira une famille nombreuse et joyeuse, goûtera avec la même gourmandise au communisme et aux joies du sexe. De ses aventures naîtra un petit garçon lunaire et décalé, Gregorio, épris de musique. Ce dernier partira tenter sa chance à New York comme pianiste, sa terre promise. Dans ce manège de vies misérables et merveilleuses, tout tournera autour de Felicita, car c’est une « béate optimiste ». Persuadée que les gentils, les doux, les rêveurs, les décalés ne sont pas des damnés voués à l’échec, et qu’au fond il suffit « d’un petit effort pour franchir les bornes de son univers familier et accéder à un monde extraordinaire, juste à côté », elle sera celle par qui sera délivrée, une belle leçon d’optimisme, généreuse et à contre-courant. Un felicita-good book en somme.

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