Chronique Cafard de Halfdan Pisket

Jérémie Banel Librairie Fontaine Victor Hugo (Paris 16e)

Suite du déjà remarqué et remarquable Déserteur (Presque lune), Cafard met en scène les tribulations du père de l’auteur en Europe du Nord dans les années 1970, après son départ quasi forcé de sa Turquie natale, et les difficultés d’intégration de celui-ci. Sans rien cacher des mauvais choix qu’il a pu faire, de ses errements et de ses failles, il met également en scène la difficulté de sa condition d’étranger, de sa précarité, en mettant fortement l’accent sur les retombées psychologiques de son exil. Dans cette bande dessinée à l’image du personnage, systématiquement sur le fil du rasoir entre tendresse et dureté, moments de répit et difficultés insurmontables, Halfdan Pisket brosse tout à la fois le portrait d’un père, loin d’être irréprochable parce qu’humain, et celui d’une communauté en exil, condamnée à la débrouille et aux marges, mais aussi à la solidarité. Une œuvre touchante et dure, sans pathos inutile, seulement l’urgence de la jeunesse et de l’amour, la violence de la survie et la vie elle-même.

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