Chronique Les Ombres filantes de Christian Guay-Poliquin

Marie-Laure Turoche Librairie Coiffard (Nantes)

En 2016, les libraires ont fait de Poids de la neige (Éditions de L’Observatoire et J’ai Lu) un coup de cœur unanime et enthousiaste. On l’attendait fébrilement le nouveau Guay-Poliquin. Il va enfin pouvoir rejoindre nos tables et vos étagères.

Comme dans son précédent roman, le point de départ des Ombres filantes est une panne d’électricité. En exergue, on peut lire cette phrase extraite de l’Énéide de Virgile : « Itur in antiquam silvam », « Il est allé dans l’antique forêt ». Cette citation illustre à elle seule tout l’esprit du livre. Un homme marche dans une forêt. Il se sent traqué, il est prudent, il se cache. Comme beaucoup, il fuit le chaos des villes. Son objectif est de retrouver ses oncles et tantes qui se sont installés dans leur camp de chasse. En chemin, il va rencontrer Olio, un gamin d’une douzaine d’années. Ils décident de faire la route ensemble. Olio se révèle vite assez débrouillard et malicieux mais aussi particulièrement menteur. Arrivés au camp, ils découvrent une communauté très structurée et autosuffisante. Tous les oncles et tantes portent des noms de divinités grecques légèrement déformés (Diane, Hesta, Boccus, Herman, Dares) et possèdent bien évidemment les qualités et les défauts de leurs modèles. Ainsi, Boccus est le préposé à l’hydromel. Christian Guay-Poliquin est un passionné de mythologie. On sait qu’il aime jouer avec les références. Elles sont parfois évidentes, parfois plus subtiles. Le récit est rythmé d’abord par les heures, puis par les jours lorsque le narrateur perd sa montre. C’est une fable qui démystifie la communauté. Si la solidarité existe, le chacun pour soi et l’hostilité sont également de la partie. Avec ce roman d’aventure et d’apprentissage, ode à la Nature et aux classiques antiques, Christian Guay-Poliquin nous donne à lire une merveilleuse histoire. Sa plus grande beauté réside bien évidemment dans cette relation bouleversante qui se crée entre le narrateur et Olio. Quant à la fin, elle suscite déjà de nombreux débats.

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