Chronique Tant bien que mal de Arnaud Dudek

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Madeline Roth Librairie L’Eau vive (Avignon)

Un petit garçon rentre de l’école. Une voiture s’arrête à sa hauteur, l’homme lui demande s’il peut l’aider à retrouver son chat. Des années plus tard, l’enfant devenu grand se souvient.

« On atteint la forêt toute proche. Et votre chat ? Dis-je d’une vois minuscule. Cela n’a manifestement plus d’importance. Je suis en partie mort ce soir-là. » Le nouveau roman d’Arnaud Dudek est court et glaçant. Aucun mot de trop, dans ce texte presque clinique qui fait la part belle aux silences. Nul besoin d’écrire ce qui s’est passé ce jour-là : « Ce qui s’est passé durant ces trente minutes, je refuse de m’en souvenir. Je ne m’en souviens pas ». L’enfant n’en dit pas un mot, à personne. Il développe des troubles obsessionnels compulsifs. Et puis il grandit – quand même. Il tombe amoureux d’une femme qui lui demande un enfant. Et vingt-trois ans plus tard, il reconnaît l’homme. Celui-ci tient un pressing. Que faire, alors ? Les phrases sont courtes, on s’accroche aux blancs de la page pour reprendre son souffle. « Mon monstre me regarde manger, mon monstre m’accompagne quand je marche, mon monstre ne me quitte jamais. » Toute la beauté du livre tient dans la brèche qu’il ouvre, la lumière qu’on devine dans le noir. Il n’y est question que d’enfance, de famille, d’amour et de ce qui vous attache à la vie. Un texte incroyablement fort, écrit dans l’urgence, une langue claire et fulgurante.

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