Chronique Samedi 14 novembre de Vincent Villeminot

Madeline Roth Librairie L’Eau vive (Avignon)

Écrire sur les attentats du 13 novembre, dans l’urgence de la colère, de la peur et des questions. Vincent Villeminot a construit son texte comme une tragédie, en cinq actes. Avant même l’acte premier, le lecteur se prend de plein fouet la violence de cette nuit d’automne : le pouvoir de la fiction est bel et bien là, et on ne reposera pas le livre avant d’en avoir fini avec cette chose insupportable, insurmontable. B. est le petit frère de Pierre. Ce soir-là, ils devaient fêter ses vingt ans, à la terrasse d’un bar parisien. Avant que ne surgissent la voiture, les tueurs, et que B. ne se retrouve seul, le poids du monde dans ses mains, et son frère mort dans ses bras. La suite de l’histoire, c’est ce que va faire B. de cette tragédie qui survient, lorsqu’en quittant l’hôpital, il croise dans le métro les yeux de l’un des terroristes. Ce livre ausculte, interroge, et sans aucun doute dérange, et c’est là tout son talent. L’écriture de Vincent Villeminot est lumineuse. Elle ouvre des portes, après avoir décrit l’horreur, sur cette beauté « qui peut sauver le monde ».

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