Chronique Mauvaise passe de Clémentine Haenel

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Madeline Roth Librairie L’Eau vive (Avignon)

« La nuit, je m’ouvre. Je me dévoile ; je me déshabille. On peut me rouler dessus. Tout le monde a, à peu près, une chance de me passer sur le corps. Je ne me respecte pas : c’est ce qu’on dit. Ça glisse sur moi. » C’est un long monologue, presque en un seul souffle, tendu, violent et noir. C’est un premier roman qui dit « je » et qui n’a pas peur d’explorer la souffrance, les corps, les peaux et les nuits. La narratrice boit, elle parle des hommes qu’elle rencontre dans les bars, de la nostalgie qu’elle a des temps qu’elle ne connaît plus. Elle raconte le commissariat, l’hôpital. C’est un récit dans lequel il faut accepter de se perdre, comme si on avançait dans l’ombre de cette jeune femme. Et puis il y a l’écriture, d’une poésie sombre, ces phrases courtes qui auscultent plus qu’elles ne racontent : c’est le portrait d’une femme perdue, à un moment de sa vie, et c’est une entrée en littérature. £

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