Chronique Mon frère féminin de Marina Ivanovna Tsvetaeva

Madeline Roth Librairie L’Eau vive (Avignon)

« J’ai lu votre livre. Vous m’êtes proche comme toutes les femmes qui écrivent. Ne Vous offusquez pas de ce “toutes”, – toutes n’écrivent pas : écrivent celles entre toutes. Donc, Vous m’êtes proche comme tout être unique et, surtout, comme tout être unique féminin. » En réponse aux Pensées d’une Amazone, de Natalie Clifford Barney, Marina Tsvetaeva écrit en 1932 cette longue lettre qui parle d’amour, de corps, de l’amour des femmes entre elles, de leur liberté, mais aussi du désir d’avoir des enfants. Cette poétesse russe, morte en 1941, était une amoureuse, à la fois d’hommes, tel Ossip Mandelstam, et de femmes, comme la poétesse Sophia Parnok. Ce texte, très court, écrit dans une langue éblouissante et rempli de la ponctuation propre à Tsvetaeva, est un diamant noir. « Toute sa vie Tsvetaeva s’est cherché un lecteur » : il faut lire aussi la postface de Ghislaine Lumont qui nous éclaire sur le destin de cette femme à part, exaltée, « celle qui dans l’amour cherche l’amour. »

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