Chronique Le Garçon qui courait de François-Guillaume Lorrain

Madeline Roth Librairie L’Eau vive (Avignon)

Le Garçon qui courait retrace l’incroyable histoire vraie du coréen Sohn Kee-Chung, et réussit à mêler, sans jamais s’essouffler, Histoire, sport et politique.

Première incursion en jeunesse de François-Guillaume Lorrain, ce roman, résolument à part dans la collection « Exprim’ », repose sur trois parties : l’enfance, la victoire de Sohn Kee-Chung aux Jeux Olympiques de Berlin de 1936 (alors que la Corée, annexée par le Japon, n’existait plus) et l’impossible trahison qu’ont ensuite imposée les Japonais au jeune athlète. Le livre commence en 1919. Sohn Kee-Chung a 7 ans lorsque son grand frère est arrêté pour un acte de résistance politique. Son père, menacé à son tour, demande au petit garçon de l’aider, chaque jour, à lui rapporter du port chinois de Dandong des melons et des pastèques qu’il est tenu de vendre au marché. Et c’est ainsi que, chaque jour, le petit garçon parcourt en courant dix kilomètres, la peur au ventre. Toute une vie dédiée à la course, sans jamais trahir son pays ou sa famille. La dernière partie du livre est assurément la plus poignante. Le 9 août 1992, le Coréen Cho Hwang-youn remporte l’épreuve du marathon aux Jeux Olympiques de Barcelone, cinquante-six ans, jour pour jour, après l’amère victoire de Sohn Kee-Chung à Berlin. « Un jour peut-être, le Japon acceptera de revenir sur son histoire ». Remarquablement écrit, ce récit lumineux nous offre le portrait d’un homme exceptionnel.

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