Chronique Tableau noir de Michèle Lesbre

Madeline Roth Librairie L'Eau vive (Avignon)

Cinquante ans de vie à l’école, de 1945 à 1995 : Michèle Lesbre raconte ici ses souvenirs d’écolière puis ceux où elle était institutrice, puis directrice d’école. Un récit touchant qui pointe les dérives d’un système qu’elle ne reconnaît plus.

On aime depuis longtemps d’écriture de Michèle Lesbre, délicate, intime. On la retrouve ici pour un récit qui débute en 1945 lorsqu’elle est en dernière année de maternelle dans un quartier de Roanne. Michèle ignore encore, en jouant dans les classes, qu’elle sera institutrice. « Je n’ai pas choisi ce métier, mais je l’ai aimé. » Comme tous les enfants, elle aime les rituels de la classe, les règlements, tout ce qui construit le temps et les activités de la journée. Le lycée Jeanne-d’Arc n’est pas mixte quand elle entre en 6e. L’année suivante, on lui demande de passer le concours de l’École normale. Ainsi, elle va poursuivre « une sorte de destin familial ». En septembre 1962, Michèle Lesbre s’inscrit à la faculté pour préparer une propédeutique Lettres-Histoire. C’est aussi sa première rentrée, son premier poste et elle est enceinte de son fils. Elle se souvient de ses tout premiers élèves, comme Jean-François qui lui a écrit des années plus tard après avoir lu ses livres. En 1968, elle a presque 30 ans, son métier d’enseignante va se construire de façon plus politique. Elle demande un poste à Clermont-Ferrand°: après dix ans dans un village, elle a besoin d’une autre expérience. Des années plus tard, elle remplacera la directrice d’une école parisienne située en contrebas du périphérique et tout à côté d’une cité de transit. Elle travaillera beaucoup avec des assistants sociaux. Tableau noir est dédié à la mémoire de Christine Renom qui s’est donné la mort dans son école de Pantin. Au fil de ses souvenirs, Michèle Lesbre relate aussi à quel point, face aux réformes à répétition et aux surcharges administratives, l’école a changé. L’inquiétude de 1995 est devenue de la colère. Les dessins en noir de blanc de Gianni Burattoni illustrent cette colère. « L’école est le miroir de la société », c’est ainsi que ce texte s’achève.

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