Polar

Camilla Läckberg

Le Gardien de phare

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photo libraire

Chronique de Jérôme Dejean

Librairie Lamartine (Paris)

Surfant sur la vague du polar scandinave lancée par Henning Mankell, Arnaldur Indridason et Stieg Larsson avec son Millénium, Camilla Läckberg est aujourd’hui l’un des auteurs les plus lus en Europe. Mais qui se cache vraiment derrière ce personnage d’Erica Falck, un mélange réussi entre « la » Miss Marple d’Agatha Christie et « la » Susan de Desperate Housewives ?

Le moins que l’on puisse dire, ou lire, est que Camilla Läckberg est une femme très occupée. Alors que son huitième livre de la série Erica Falck ne sort en France qu’en juin, nous avons eu l’opportunité de lui poser quelques questions, entre deux vols et deux continents, et ce juste avant qu’elle ne soit l’une des invités du prochain festival Quais du Polar, à Lyon. Coup de chance et de disponibilité : elle nous a répondu !

Page — En tant qu’auteure, vous écrivez la série des enquêtes d’Erica Falck - huit titres aujourd’hui -, des livres pour la jeunesse, un livre de recettes avec votre ami le chef Christian Hellberg… Quels sont vos projets ?
Camilla Läckberg — Mon cœur battra toujours plus fort en tant qu’écrivain, mais j’adore me confronter à des choses nouvelles. En plus des romans pour la jeunesse avec le personnage de Super-Charlie et des livres de cuisine, j’écris des paroles de chansons pour ma société de production de musique et je suis productrice pour le cinéma et la télévision.

Page — Vous êtes l’une des invités très spéciale du festival Quais du Polar, qui se tiendra du 4 au 6 avril à Lyon. Qu’attendez-vous de la part de vos nombreux lecteurs français et appréciez-vous ce genre de manifestation sur le livre ?
C. L. — J’attends toujours avec beaucoup d’impatience de revenir en France et suis bien sûr très honorée d’être invitée par ce festival. Quais du Polar, comme d’autres grands événements de ce genre, est un moyen fabuleux de pouvoir rencontrer ses lecteurs. Ils sont mon univers et, si seulement mon emploi du temps me le permettait, j’essaierais d’y venir plus souvent.

Page — Revenons au roman noir. Dans La Princesse des glaces (Babel noir), votre personnage, Erica Falck, essaie de terminer une biographie de Selma Lagerlof, grande dame des lettres suédoises. En France, son livre Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède est très populaire. Croyez-vous que le roman policier soit une sorte de nouveau conte de fées de notre époque ?
C. L. — J’espère qu’il y aura toujours plusieurs genres littéraires qui cohabiteront, et le roman policier est en effet une des manières de raconter une histoire. Cependant, le roman policier a une façon unique de nous forcer à nous concentrer sur un récit et sur les détails qui le composent. J’ai toujours pensé que c’était une très bonne façon de capter l’attention du lecteur, au regard de notre époque riche de distractions.

Page — Vous avez déclaré que vous avez toujours voulu écrire et devenir écrivain. Pourquoi avoir choisi le genre policier pour vous exprimer ?
C. L. — La première histoire que j’ai écrite était un roman d’horreur, L’Horrible Père Noël, avec un meurtrier démoniaque caché sous un déguisement. À cet instant précis, j’ai su que ma carrière serait, soit celle de tueur en série, soit celle d’écrivain de roman policier. Par chance, j’ai choisi la seconde option.

Page — Lisez-vous des romans policiers ?
C. L. — Oui, bien sûr ! Je suis ce que l’on peut appeler une véritable obsédée du polar, et j’en lis dès que j’en ai l’occasion.

Page — À Lyon, pendant le festival Quais du Polar, vous allez partager l’affiche avec James Ellroy. Il y a quelques années, j’ai aperçu une photo de vous deux dans une toute petite – mais très fameuse – librairie de Barcelone, la Negra y Criminal. S’agissait-il de votre première rencontre et pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre entrevue ?
C. L. — Cela fait partie des souvenirs précieux que je garderai toujours en moi. Je me suis sentie à la fois nerveuse en sa présence et très honorée de le rencontrer. Je suis une admiratrice inconditionnelle !

Page — Vous venez en France en avril, mais votre prochain livre traduit ici, La Faiseuse d’anges, ne sortira qu’au début du mois de juin. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce nouveau roman ?
C. L. — L’intrigue se déroule sur l’île de Valö, qui se trouve en face de Fjällbacka, sur la côte ouest de la Suède. Nous sommes à l’été 1974, une famille entière a disparu sans laisser la moindre trace et laissant derrière elle Ebba, une enfant âgée de 1 an. Plusieurs années ont passé et Ebba retourne sur l’île afin d’ouvrir une chambre d’hôte. Mais à peine est-elle arrivée que de mystérieux événements surviennent…

Affaire à suivre…

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