Chronique Le Cannibale de Crumlin Road de Sam Millar

  • Sam Millar
  • Traduit de l’anglais (Irlande) par Patrick Raynal
  • Coll. «Coll. « Seuil policiers »»
  • Seuil
  • 08/01/2015
  • 304 p., 21.50 €

Jérôme Dejean Librairie Sauramps (Montpellier)

Après deux romans noirs et On the Brinks (Points), livre en forme de confession sur son parcours incroyable mais vrai, l’Irlandais Sam Millar publie la suite des enquêtes de Karl Kane, découvert il y a tout juste un an.

Karl Kane, c’est la quintessence du détective. Mais un privé irlandais cabossé par la vie, intuitif et cinéphile. Donc forcément attachant, atypique et rebelle. Découvert en début d’année dernière avec Les Chiens de Belfast (Points), le voici sur les traces du cannibale de Crumlin Road. Nous sommes en 2010, une série de meurtres ensanglante un Belfast écrasé par une vague de chaleur sans précédent. Pourtant, ces crimes atroces – les corps sont mutilés et des organes prélevés – sont loin de faire la une des journaux et l’administration ne semble pas particulièrement pressée de résoudre l’affaire. Les victimes sont toutes de très jeunes filles, junkies pour la plupart, des êtres en marge de la société. Mais est-ce la vraie raison de l’inertie des policiers ? Lorsque Katie, la propre fille de Kane, est enlevée, l’enquête prend un tour beaucoup plus personnel et notre détective se transforme en ange exterminateur. D’autant que les preuves convergent toutes vers un seul homme, membre éminent de la « bonne société », qui semble protégé en haut lieu. Avec cette deuxième enquête, Sam Millar nous entraîne dans un roman plus sombre que le précédent, moins littéraire en apparence, même si chaque chapitre s’ouvre par une citation. Le caractère personnel de l’enquête, l’angoisse qui étreint notre détective, imposent un rythme plus syncopé. On passe d’un chapitre très court et violent à un autre plus calme et rempli d’humour. C’est comme un bon vieux rock, simple, efficace, allant à l’essentiel en quelques riffs rageurs. Un polar qui oscille entre Raymond Chandler pour l’humour et Ken Bruen pour la description des bas-fonds irlandais. Un héros dont l’étonnante humanité apporte de la lumière là où tout semble définitivement perdu. Alors vivement la troisième enquête de Karl Kane.

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