Chronique L'Homme arrêté de Sébastien Amiel

Par Michel Edo, Librairie Lucioles, Vienne

Son premier recueil de nouvelles, Presque rouge , avait fait découvrir au lecteur l’univers de Sébastien Amiel, un univers sans grand espoir pour les hommes. L’auteur poursuit la constitution de son inventaire de mâles asthéniques dans L’Homme arrêté .

Le narrateur de L’Homme arrêté laisse glisser la vie autour de lui comme on laisse couler du sable entre ses doigts. Il se néglige, se fiche d’avoir perdu son travail, se fiche de son jardin mal entretenu, ne réagit pas devant l’éloignement de sa femme, n’a même pas l’alcoolisme comme excuse. Une inondation dans la ville a provoqué la mort d’un enfant, à peine cela le touche-t-il. L’armure d’indifférence qui le recouvre semble ne jamais devoir s’effriter. Tous les éléments sont en place, ne manque que le déclic pour faire voler en éclats le peu d’équilibre qui lui reste. L’écriture de Sébastien Amiel nous fait intimement ressentir l’atmosphère d’étrangeté dans laquelle baigne le narrateur. Tout semble ralenti, terne, assourdi. Les phrases sont courtes, sèches ; ici pas de longues introspections. Nous voyons par les yeux du protagoniste un univers sans relief, un décor qui est, plus qu’une façade, un mur le tenant à l’écart de la vie. À ce moment-là, il peut s’éteindre comme une flammèche ou basculer dans la folie. Mais il a renoncé à l’action, ce n’est plus à lui de décider.

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