Littérature française

Hélène Frappat

Trois femmes disparaissent

photo libraire

Chronique de Lyonel Sasso

Librairie Dialogues (Morlaix)

Hélène Frappat enquête depuis des années. C’est un rôle qu’elle s’octroie dans son travail de traductrice en quête du bon sens. Sous réserve, son premier livre (Allia), était conçu comme un collage sonore où l’on entendait l’autrice deviser avec Kant sur la notion de vérité. On y entrevoyait le pouvoir du désir de l’homme sur la femme, en plongeant dans les correspondances de Rousseau avec Madame de La Tour. Ce livre du commencement semble résonner dans ce prodigieux Trois Femmes disparaissent. Car disons-le tout court, il s’agit de l’un des grands livres de cette rentrée littéraire. Il y a, chez Hélène Frappat, une manière étrange d’appréhender le réel qui fait penser à un Julio Cortazar. Le lien qui fonde cette même famille d’actrices ‒ Nathalie Hedren, Mélanie Griffith et Dakota Johnston ‒ ressemble chez la romancière à un long plan séquence signé David Lynch. Trauma et coups se répétant de l’une à l’autre, disparition pour toutes après une violente mise en lumière. Dans ce superbe texte, Hélène Frappat reprend le grand principe de Jean-François Lyotard, à savoir que la réalité est un effet de la représentation.

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