Chronique Feu de Maria Pourchet

Lyonel Sasso Librairie Dialogues (Brest)

Qu’est-ce qui mène à l’incendie ? Interrogation claire que Maria Pourchet décortique dans un roman au style télégraphique. Le socle qui permet l’irruption de l’amour, l’irruption de sa violence et voracité, c’est l’ennui du compromis. Maria Pourchet se révèle admirable pour décrire, avec une minutie fiévreuse, la neurasthénie contemporaine. Clément est ainsi un être qui connaît cet état « entre sous merde et limier ». L’homme erre et cherche une accumulation de corps et d’échanges. La femme attend encore une surprise. Ces espérances-là sont parfois irréconciliables. Feu est bien ce roman de l’intolérance, de la dangerosité de la passion amoureuse. Laure s’interroge sur cette quête qui ne la mène nulle part. Elle poursuit pourtant le sentier qui la guide vers l’incendie. Maria Pourchet raconte merveilleusement qu’il faut toujours un observateur ou une observatrice pour décrire un naufrage. Les naufragés de l’amour sont, eux, toujours les mêmes – gainés de honte et de lumière – et mettent en scène leurs blessures écarlates.

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