Chronique Jeff Buckley, Une voix singulière de Mary Guibert, David Browne

Lyonel Sasso Librairie Dialogues (Brest)

Tragiquement disparu dans le fleuve Mississippi, Jeff Buckley est loin de s’être noyé dans l’oubli. Cette collecte monumentale de documents nous ravive un peu plus la mémoire.

Le destin de Jeff Buckley est une grande tragédie. Déjà, se portait sur l’éblouissant charisme du chanteur, l’ombre d’un père. Tim Buckley était un créateur rare, un compositeur doté d’une voix d’ange, mort d’une overdose avant la trentaine. Son fils récupéra sa belle gueule et son besoin d’absolu. C’est un talent unique, presque monstrueux qui se trimballe dans leurs gènes. Jeff mourra lui aussi avant la trentaine. C’est pour honorer cette filiation que Mary Guibert, la mère de Buckley, publie toutes ces archives. Papiers d’un mort, d’un fantôme encore illuminé de grâce et de feu. Mais encore : notes de route éparses, photo de sa collection de cassettes qui démontre sa soif de culture musicale ou encore liste de courses bardée de jeux de mots. On retrouve également des considérations assassines concernant l’industrie du disque, une machine aliénante selon Buckley. On assiste aussi à la naissance des paroles de chansons célèbres du chanteur, chansons quasi divinatoires et énigmatiques. Ces documents sont émouvants, déroutants et figent Buckley dans la sève d’un éternel jeune homme. Ces ratures sont belles, ces histoires d’amours notées dans les carnets demeurent fatales. L’humour grince, la poésie brûle le velours. En lisant les paroles, les mélodies viennent et la voix unique de Buckley hante les pages ou le moindre bout de papier. Il y a quelque chose de bouleversant à voir une mère se battre ainsi pour rendre vivante la moindre preuve de l’existence de son fils.

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