Essais

Patrick Besson

Albertine Sarrazin la fugitive

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Chronique de Lyonel Sasso

Librairie Dialogues (Morlaix)

Albertine Sarrazin a tout fait, durant sa courte existence, pour fuir une vie de sommeil. Le destin poussera le vice en la faisant s’éteindre à 29 ans, sur un lit d’hôpital. L’anesthésiste, par son incompétence, l’amènera dans une éternelle nuit. Quels jours, tout de même, entre temps. Le tempo est à la cavalcade et Patrick Besson tient bien son sujet. Petit bout de femme révoltée, voilà bien une Albertine disparue. Insaisissable pour elle-même, cette fille adoptée ne fera que franchir les limites. Elle s’en cassera l’astragale lors d’une évasion. C’est une jeune femme qui connaîtra de longues années de prison. C’est aussi et surtout une autrice et une poétesse remarquable. Besson insiste sur ce style de rupture, flamboyant et sec, comme un bon whisky. Son roman L’Astragale fut un succès hors limite. Il y a cette belle question de l’identité chez Sarrazin qui la hantera. L’Algérie aussi, pour de belles évocations. Et encore ‒ cette révolte permanente face à une petite bourgeoisie amère. Albertine ne sera jamais réellement prisonnière. Mais toujours libre, oui.

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