Littérature française

Lolita Chammah

J'ai regardé la nuit tomber

photo libraire

Chronique de Lyonel Sasso

Librairie Dialogues (Morlaix)

Dans ce texte, il y a le théâtre. Lolita Chammah, on la lit et la voit comme un oiseau fragile. On pense à Tchekhov et La Mouette. Tchekhov dont un des frères s’appelait Kolia. On a beau contourner ce drame avec des références, on ne peut échapper à son essence, l’histoire d’une femme ayant perdu son enfant, grand prématuré, nommé Kolia. Terrible oracle, insoutenable sentence donnant une saveur automnale au déroulé des jours. Alors, Lolita Chammah raconte, crûment parfois. Elle collecte aussi la douceur, inlassablement, afin de recoudre la déchirure. On pense à Anne Dufourmantelle, porteuse de douceur et de drame. La vie, la mort ou l’amore ? On ne sait plus. La lumière est pénétrante dans ce deuil insondable. À la fin de ce livre, une photographie d’Ansel Adams montre une lune claire sur une terre d’ombre. La clarté monte. Avant de débuter son récit, Lolita Chammah cite Emily Dickinson: « On apprend l’eau par la soif. » On penserait toute joie disparue. Mais Lolita Chammah dépose, de paragraphe en paragraphe, le sel de la vie.

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