Littérature française

Olivia de Lamberterie

Comment font les gens ?

Chronique de Nicolas Mouton

Librairie Le Presse papier (Argenteuil)

Il faudrait avoir bien de la légèreté pour ne voir en ce premier roman que le plaisant visage du « rien n’est grave ». Olivia de Lamberterie cultive une élégance à la Sagan, vertu née des livres et du mépris de la prétention. Ce roman d’une gravité vive et d’une profondeur polie est en cela le frère d’Avec toutes mes sympathies, son premier récit. Dans un monde où la littérature est devenue une distraction, Anna est une éditrice en proie au temps : « Courir, c’est la profession des femmes, quel que soit leur métier. » Elle est de cette génération perdante, prise impuissante entre ses enfants et ses parents dont la raison va dérivante. L’ami perdu (Axel/Alex) garde son mystère et la hante. Le monde grimace, l’amour a mauvaise mine, l’enfance fait la gueule, la vieillesse est sans miroir : mais il faut faire bonne figure. Une insouciante culpabilité.

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