Chronique La Ville rouge de Paolo Roversi

Katia Leduc Librairie Coiffard, Nantes

Les Escales, maison d’édition nouvellement créée, propose pour sa collection polar un ouvrage de Paolo Roversi, journaliste et écrivain de renom en Italie. Un roman foisonnant, au cœur du Milan incandescent des années 1960.

27 février 1958. Deux enfants assistent stupéfaits au coup du siècle : le braquage de la Banque d’Italie par le malfrat Carminati. Antonio, 14 ans, sait ce qui lui reste à faire : devenir flic et arrêter ces hommes qui transforment sa ville en zone de non-droit. Roberto, 8 ans, décide lui d’être dans l’illégalité et de mener une vie nettement plus romanesque inspirée de ces « héros ». Il réalise le soir même son premier coup d’essai : libérer les tigres du cirque Médini ! Retrouvé et condamné à la prison pour mineurs, il y forgera les armes nécessaires à son ambition : la détermination et surtout les relations. à sa sortie, il réunit au fil de ses actions une bande solidaire et experte pour réaliser des braquages de grande envergure. Quant à Roberto, il apprend le métier auprès du commissaire Nicolisi, homme quelque peu bourru mais grand connaisseur de bandits en tous genres. Le jeune homme fait preuve d’une témérité et d’une pugnacité qui lui valent de gravir rapidement les échelons. Dès lors, Roberto et Antonio ne cesseront de s’observer comme de vieilles connaissances, de se perdre pour encore mieux s’affronter.Plus qu’un polar, ce roman est prétexte à décrire et analyser le Milan politique et social des années 1960. Une ville gangrenée par la violence où les gangsters sont nombreux à se partager la part du gâteau, où la presse sait créer l’événement et contrôler une opinion qui prend bien souvent fait et cause pour ces « héros » des temps modernes suscitant à la fois crainte et fascination. On assiste également à l’agitation du mouvement étudiant et ouvrier pour sortir l’Italie de sa torpeur, sclérosée dans un système vieillissant, le tout sur fond de Beatles et de Rolling Stones. Paolo Roversi est salué dans son pays comme le nouveau Scerbanenco, amoureux de sa ville et de ses bandits. Il concocte un ouvrage dense, fourmillant de détails et de personnages truculents, qui entraîne le lecteur dans une grande fresque à l’italienne.

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