Littérature étrangère

Fernanda Melchor

Paradaïze

photo libraire

Chronique de François-Jean Goudeau

Etablissement Scolaire I.U.T. de La Roche-sur-Yon (La Roche-sur-Yon)

Ce monologue à la troisième personne se lit sans interruption possible, tant ce thriller social, adolescent et glaçant ne laisse aucun répit. Car dans ce « lotissement très sélect », Leopoldo García Chaparro dit « Polo », le factotum âgé de seize ans de ce « paradis » pour nouveaux riches aux effluves cauchemardesques, est pris au piège des délires éthyliques et sexuels de l’adipeux Franco Andrade ; ainsi que de la fange miséreuse qui est la sienne. Avec une prose haletante, qui n’est pas sans rappeler celle de sa consœur suédoise Lina Wolff – notamment dans Bret Easton Ellis et les autres chiens (Gallimard) – la romancière mexicaine détaille la mécanique implacable de la descente aux enfers d’une mauvaise herbe « exaspérante », violente, usant habilement du champ lexical d’une végétation plus menaçante que luxuriante. Paradaïze ou la chute de deux jeunes mâles biberonnés aux frustrations à l’origine sociale opposée mais qui les rassemble finalement. Pour le pire.

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