Chronique Le Fracas et le Silence de Cory Anderson

  • Cory Anderson
  • Traduit de l'anglais (États-Unis) par Claire-Marie Clévy
  • PKJ
  • 07/10/2021
  • 400 p., 18.90 €

Gaëlle Farre Librairie Maupetit (Marseille)

Quelque part aux États-Unis, sur des chemins sillonnés par Jack London, Cormac McCarthy et Gabriel Tallent, on peut désormais trouver Cory Anderson. Glaçant et fascinant, Le Fracas et le silence est un premier roman franchement bluffant à ne pas manquer.

On est en hiver, dans l’Idaho, la neige est partout et il gèle à pierre fendre. On fait connaissance avec Jack et Ava, 17 ans tous les deux. Tandis que Jack se demande comment boucler la semaine avec quinze dollars en poche, Ava, elle, n’a jamais manqué de rien. Leurs quotidiens n’ont rien de commun mais leurs chemins vont pourtant se croiser et ils vont très vite se retrouver face à la plus difficile épreuve de leurs vies. Jack veut sauver son petit frère Matty et le peu qu'il reste de sa famille. Comment ? En retrouvant l’argent volé par son père il y a des années – un acte pour lequel il est en prison aujourd’hui. Mais Jack ne sait pas où est le magot et surtout, il n’est pas le seul à le convoiter ! Victor Bardem, un baron de la drogue complice de son père, le cherche aussi. Ajoutons à cela qu’il est le père d’Ava et que cette dernière veut, malgré l’emprise psychologique qu'il a sur elle, aider Jack et Matty. Peut-elle vraiment espérer doubler son père ? La tension est grande et va crescendo tout au long du roman. Cory Anderson allie finesse et puissance tout au long de ce texte à l’habile construction (il faut être attentif aux numéros des chapitres). L’atmosphère est glaçante et les personnages sont finement brossés et puissamment incarnés. Il ne faut pas beaucoup à l’autrice pour faire de l'un de ses héros votre meilleur ami ou votre pire ennemi ! On ressent la folie du père d’Ava, on vit la peur de Jack et son petit frère, si bien que Le Fracas et le silence se lit d'une traite, avidement. C’est sombre et on évolue dans le froid, la faim et la peur, mais il y a une fenêtre. Toute petite, mais elle existe. Cette fenêtre, c'est celle de l'amour, de la justice et de l'espoir.

 

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