Chronique Rien à déclarer de Richard Ford

Jean-François Delapré Librairie Saint-Christophe (Lesneven)

Parce qu’il fallait bien un jour poser tous les objets sur la table, faire l’inventaire de toutes ces années à écrire, vider les poches et regarder ce qu’il reste de la vie. C’est un homme qui se lève de son lit et sent qu’il y a bien plus dans l’arrière-salle que dans les dix ans devant. Alors, dix nouvelles comme posées pour dix ans à venir, des hommes et des femmes devant le constat simple de la vie qui passe, est passée, reste à vivre. Pour qui connaît un peu Richard Ford, il n’y a rien d’anodin à nous offrir ces nouvelles de sexagénaires un peu désabusés, brûlés par la vie, un peu à l’abandon de leurs forces vives, des hommes et des femmes meurtris ou perdus, qui posent un constat simple, alors, oui, la vie, c’est ça finalement, à peine le temps de et puis tout s’efface. J’imagine son regard bleu acier et ce petit frémissement de la lèvre quand il vous regarde. Richard Ford sonde bien mieux les âmes, la mienne, la vôtre, que n’importe qui.

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