Chronique N’essuie jamais de larmes sans gants de Jonas Gardell

  • Jonas Gardell
  • Traduit du suédois par Lena Grumbach et Jean-Baptiste Coursaud
  • Gaïa
  • 07/09/2016
  • 592 p., 24 €

Lucie Sawina Librairie Nouvelle (Asnières)

Le titre à lui seul est une invitation à ouvrir le livre. Dans ce roman à la fois très dur et plein d’humour, Jonas Gardell nous plonge au cœur des années Sida, en Suède, où la jeunesse homosexuelle veut vivre malgré tout.

Alors là, je me dois de sortir mon panneau « Attention objectivité zéro », pour ce roman douloureux et lumineux. La jeunesse suédoise qui veut s’aimer librement est brutalement laissée à l’abandon par les pouvoirs publics, qui ne savent comment faire face à cette invasion destructrice qu’est le Sida. Rasmus a toujours su qui il était. Dès qu’il a pu, il est parti de chez lui afin de vivre sa vie comme il l’entendait. Pour Benjamin, qui vient d’une famille de Témoins de Jéhovah, la découverte de lui-même et son désir de liberté s’est fait dans la douleur. Mais tous deux se sont trouvés et chacun a été pour l’autre un point d’ancrage. Tout ce que veulent Rasmus et Benjamin, c’est être heureux, s’aimer et vivre. Leurs amis forment avec eux une sorte de famille recomposée et choisie, pour le meilleur, mais aussi pour le pire. Ils se soutiennent, se remotivent et se bousculent. Car le roman n’est pas uniquement le récit d’une longue agonie, c’est aussi le roman d’une génération que l’écriture pleine d’humour de Jonas Gardell nous fait revivre. On passe du rire aux larmes avec des personnages hauts en couleur et touchants. Je laisse toujours le choix aux autres de lire ce qu’ils veulent, mais cette année N’essuie jamais de larmes sans gants sera pour moi le premier choix. Il faut lire ce superbe texte, il faut vivre avec Rasmus, Benjamin et les autres, ces vies finies trop vite pour certains. Parfois, pleurer et rire en même temps fait se sentir vivant. C’est la sensation que m’a procuré la lecture de ce texte qui restera longtemps gravé dans mon esprit. Le genre de texte qui me fait dire que mon métier est formidable ! Je vous l’avais dit « objectivité zéro »…

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