Chronique 70 % acrylique 30 % laine de Viola di Grado

  • Viola di Grado
  • Traduit de l’italien par Nathalie Bauer
  • Coll. «Coll. « Cadre vert »»
  • Seuil
  • 23/08/2012
  • 240 p., 18.50 €

Par Christèle Hamelin Librairie Le Carnet à spirales (Charlieu)

Avec ce roman incisif et imagé, parfois drôle, souvent touchant, qui nous rudoie autant qu’il nous enchante, Viola di Grado s’impose déjà comme un auteur hors du commun.

Leeds, Angleterre. Dans cette ville où l’hiver est roi, Livia, la mère, et Camélia, la fille, perdent, le mari pour l’une, le père pour l’autre, mort dans un accident de voiture en compagnie de sa maîtresse. Dès lors, les repères d’une vie normale volent en éclats. Elles évolueront désormais dans un univers de folie et de laisser-aller, le langage des mots n’ayant plus cours dans le monde où elles s’enferment. Camélia, entre deux cours de calligraphie dispensés par un jeune Chinois qui l’aide à retrouver momentanément un peu l’estime d’elle-même, joue furieusement des ciseaux pour créer des frusques loufoques à l’aide de vêtements récupérés dans des poubelles, tandis que sa mère, retranchée dans son mutisme, photographie des trous divers et variés. Le lecteur, témoin impuissant, assiste à la lente dégénérescence, physique et psychologique, d’une mère et d’une fille emprisonnées dans leur solitude respective. Avec ce premier roman, parfois cru mais empreint d’une réelle poésie, Viola di Grado, malgré son jeune âge, fait preuve d’une maturité remarquable en sondant les esprits tourmentés et malades de ces deux femmes qui n’arrivent pas à s’unir dans leur désespoir commun. Étrangement poignant.

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