Chronique Lettre à ma fille de Maya Angelou

  • Maya Angelou
  • Traduit de l'anglais (États-Unis) par Anne-Emmanuelle Robicquet
  • Coll. «Coll. « Notabilia »»
  • Noir sur Blanc
  • 03/10/2016
  • 96 p., 12 €
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Christine Lemoine Librairie Violette and Co (Paris 11e)

On ne sait pas, ici, à quel point la renommée de Maya Angelou aux États-Unis est grande. Étudiée depuis longtemps dans les écoles, elle est une figure respectée de la culture afro-américaine. Ce livre est son testament.

Maya Angelou n’a pas eu de fille, seulement un garçon, né quand elle avait 17 ans. Et c’est aux « milliers de filles » de tous milieux, de toutes origines, qu’elle s’adresse. Publié en anglais en 2009, sept ans avant sa mort à l’âge de 86 ans, le livre, préfacé par l’écrivain Dinaw Mengestu, se divise en courts chapitres qui sont autant de fragments de sa vie que de « leçons [qu’elle a] apprises » au cours de son existence. On retrouve quelques épisodes déjà relatés, entre autres, dans son avant-dernier livre, Lady B (qui vient de paraître au Livre de Poche), hommage à sa mère, femme énergique, indépendante et admirée. Qu’elle parle de personnalités rencontrées au cours de sa vie, de son enfance dans l’Arkansas raciste, de sa foi, de ses périodes de doute, d’épisodes violents ou au contraire comiques, ou encore d’erreurs commises par ignorance dans des situations nouvelles (par exemple pendant ses voyages en Afrique), elle le fait avec conviction et honnêteté. Chanteuse et danseuse de cabaret à ses débuts, elle a obtenu plus tard un poste à l’université – elle écrit modestement à ce sujet : « je n’étais pas un écrivain qui enseigne, mais une enseignante qui écrit ». De sa mère, elle a hérité une « fierté indomptable » qui a fait d’elle non seulement une voix précoce des femmes afro-américaines, romancières ou poétesses (son premier livre a été publié en 1969), mais aussi une militante des droits civiques aux côtés, entre autres, de James Baldwin ou Martin Luther King, assassiné le jour de son propre anniversaire. « Écrire et témoigner lui étaient une nécessité vitale », dit Dinaw Mengestu. Avec son style direct, souvent par le biais d’anecdotes savoureuses, elle transmet ses conseils et sa vision de la société nord-américaine, qu’elle critique tout en l’aimant profondément. Comme une fille.

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