Chronique Le Déjeuner des barricades de Pauline Dreyfus

Murielle Gobert Librairie Passerelles (Vienne)

22 mai 1968. Paris gronde autour de l’Hôtel Meurice. Pauline Dreyfus se faufile par la porte de service et nous dresse un état des lieux délicieusement satyrique de cette époque.

Première sélection du Prix Interallié 2017

 

Les grands hôtels sont comme des paquebots dans la ville. Derrière les fenêtres closes, leurs occupants forment une société à part, avec sa géographie et sa hiérarchie propre. Pour la plupart d’entre eux, ce 22 mai 1968 a des allures de « cirque » mené par des étudiants chevelus et débraillés qui empêchent le client de sortir de sa suite et de recevoir la presse. Une vraie journée de fous, comme celles du Moyen Âge où les puissants et les humbles échangeaient leurs rôles, et que Pauline Dreyfus évoque dans un refrain d’un entêtant comique au fil des chapitres, au fur et à mesure que la situation dégénère entre les murs feutrés du palace. Durant cette folle journée, où tout semble permis, et dont le moment culminant sera la remise d’un prix littéraire à un jeune romancier inconnu, nous arpentons les recoins de l’hôtel aux rythmes contradictoires du protocole et de la révolution, croisant Dalí et son tigre, pensionnaires à demeure, Florence Gould, milliardaire mécène du prix, plus attachée au champagne qu’à la littérature, et d’autres célébrités artistiques et politiques de l’époque. Un point de vue totalement inédit pour revisiter cette partie de notre Histoire, et une peinture savoureuse du pouvoir sous toutes ses formes, de sa vanité et son caractère hautement volatil !

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