Littérature française

Patrick Declerck

New York vertigo

photo libraire

Chronique de Géraldine Guiho

Librairie À la ligne (Lorient)

À la faveur d’un anniversaire du 11 septembre, Patrick Declerck trouve le courage de surmonter sa phobie des transports aériens pour retourner à sa géographie primitive : NYC.

Son voyage devient dès lors le prétexte à une relecture iconoclaste du mythe américain, loin de tout hommage ou de toute célébration. Avec un esprit vif et mordant, il aborde diverses questions emblématiques de la culture américaine : les religions, le sexe, la violence, la famille, etc. Son style, volontairement provocateur, confine parfois au cynisme mais, heureusement, un humour jubilatoire vient sauver le texte des risques que font peser sur lui une telle noirceur et une telle exécration de l’époque. De la même manière, alors que l’on croit fréquenter un misanthrope patenté, des touches de profonde humanité et d’empathie laissent finalement penser que toute cette méchanceté n’est peut être qu’un verni fatigué, se craquelant de plus en plus et révélant le cœur vibrant d’un homme pas si haineux qu’il aimerait le faire croire. Il y a un ton et une maîtrise de la langue comparables à ceux de Desproges, une impertinence et une insolence à l’égard des religions dignes de Charlie Hebdo, des saillies hilarantes qui donnent envie de lire le texte à voix haute devant un auditoire et, comme trame de fond, une vision existentielle de taille, vertigineuse comme une Vanité. Un beau voyage !

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