Littérature étrangère

Morten A. Stroksnes

Le Livre de la mer

photo libraire

Chronique de Géraldine Guiho

Librairie À la ligne (Lorient)

Près des Lofoten, sur un canot, deux hommes espèrent qu’un requin du Groenland morde à leur ligne. Le temps suspend son vol et le narrateur nous plonge dans le flux de ses pensées.

Morten A. Stroksnes a sans doute lu bien des livres de mer avant d’écrire le sien. On le perçoit aux échos lointains et respectueux qui résonnent tout au long de ce texte. 2crit dans la veine des grands récits marins, il en présente les marqueurs classiques sans jamais basculer ni dans la caricature ni dans la simple imitation. On y trouve le Grand Nord, l’aventure, une partie de pêche improbable, un poisson recherché avec obsession, la poésie des éléments naturels, l’ivresse cosmogonique, le danger et l’épouvante, du fantastique, des éléments de biologie marine, des observations éthologiques, historiques, mythologiques et anthropologiques. Tout y est et ce n’est jamais trop encyclopédique ou trop érudit. Si l’auteur rend hommage au genre, il parvient surtout à le dépoussiérer et à lui insuffler une nouvelle vigueur. Il y dessine l’amitié au long cours entre deux hommes, histoire d’une beauté rare, faite de longues plages de silence, de pudeur et de complicité tacite. Son style est remarquable de simplicité, de légèreté et de grâce. En somme, Morten A. Stroksnes réussit dans Le Livre de la mer à tirer de formidables lignes entre classique et moderne, entre art et science, entre vie et littérature.

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