Chronique Le Jeu du chat et de la souris de A Yi

  • A Yi
  • Traduit du chinois par Mélie Chen
  • Coll. «Coll. « La cosmopolite »»
  • Stock
  • 19/04/2017
  • 220 p., 20 €

Géraldine Guiho Librairie La Buissonnière (Yvetot)

La vanité contemporaine qui illustre la jaquette le laisse présager : Le Jeu du chat et de la souris est un roman qui dérange, tant sur le fond que sur la forme.

Écrire à la première personne du singulier est un moyen efficace de créer un sentiment de proximité entre un personnage et un lecteur. Mais on résiste ici très vite au procédé en constatant que nous nous trouvons dans le cerveau d’un adolescent solitaire, sans nom, à la personnalité perverse et ambiguë, possédant un mépris sans limites pour ses semblables. Ayant un accès à tous les plis et replis de son âme, nous observons avec une fascination coupable la crise existentielle qui se déroule sous nos yeux. Le jeune homme planifie avec une méthode implacable le meurtre qu’il souhaite commettre. Une fois que celui-ci a eu lieu – et c’est la partie centrale du roman – il entreprend un chemin de fuite qui le fera rencontrer plusieurs personnages derrière lesquels se trouvent autant d’allégories. Après une reddition aussi loufoque qu’improbable, il s’attelle à tourner en ridicule toute prise en charge et toute tentative d’explication, d’où qu’elles émergent : police, justice, famille, éducateurs, psychologues. La grande prouesse d’A Yi se trouve ici : ne donner aucune explication, ne pas juger son personnage et laisser, en fin de compte, le lecteur totalement libre et responsable de son interprétation.

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