Littérature française

Séverine Werba

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Chronique de Aurélia Magalhaes

Bibliothèque/Médiathèque Jean Cocteau (Massy)

Du passé de son grand-père, Séverine Werba ne sait rien : toute la vie de cet homme semble circonscrite à l’appartement du 30, rue Leningrad dans lequel elle a vécu quelques années. De ce passé personne ne parle. Alors Séverine avance comme elle peut, se rendant compte à l’aube de la trentaine que « l’on ne prête pas attention aux souvenirs ». Devenue mère, il lui est insupportable de vivre avec ce silence qui rend toute transmission impossible. Séverine se lance dans une quête périlleuse qui la mènera jusque dans une Ukraine amnésique et qui peut lui faire tout perdre. Car en recherchant ses disparus, elle doit se mettre à distance de sa vie – sa famille, son travail… Elle interroge les lieux, les photos, et c’est dans la fragilité des éléments dont elle dispose que réside toute la beauté de ce récit. Elle réussit à mettre de la vie dans chaque interstice laissé béant par l’absence de réponse. Au terme du récit, elle est quitte de ses morts, dont elle a attesté de l’existence par l’écriture.

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