Dossier Rêve de monuments de

  • Sous la direction de Christian Caujolle et Christian Corvaisier
  • Éditions du Patrimoine
  • 15/11/2012
  • 184 p., 29 €

Par Samuel Hoppe Librairie Le Moniteur (Paris 6e)

Faut-il distinguer une hiérarchie au sein du patrimoine ? Et dans ce cas, l’imaginaire relève-t-il d’un sous-patrimoine ? Et l’industrie nourrit-elle le patrimoine français ? Deux livres, très éloignés l’un de l’autre dans leur démarche, apportent quelques éléments de réponses.

Réunir au sein d’un même article ces deux ouvrages peut paraître paradoxal, tant chacun semble emprunter une voie divergente. D’un côté, Jean-François Belhoste et ses co-auteurs convient le lecteur à une visite du génie industriel français, quand de l’autre, Rêve de monuments plonge dans des architectures souvent rêvées, éventuellement réalisées, nées d’imaginations particulièrement foisonnantes. Si le premier raconte une histoire de la France au travail, de son développement industriel et des bouleversements qui en ont résulté sur l’aménagement de son territoire, le second emporte le lecteur vers des mondes oniriques où l’on croise châteaux de princesses, paysages envoûtants et architecture monumentale s’élevant sur des territoires débarrassés de toute contrainte. Cependant, tous deux interrogent la notion de frontière entre imaginaire et réel, et tous deux veillent à ne jamais considérer comme impossible ce qui sort de l’imagination humaine. Dans Architectures et paysages industriels, les auteurs, Jean-François Belhoste et Paul Smith, associés au photographe Pierre-Olivier Deschamps (dont il faut souligner le travail impeccable), présentent l’étonnante richesse que recèle la France en matière de bâtiments industriels, des bâtiments qui en disent autant de la puissance d’un pays que de la force de son peuple. Les auteurs ont sélectionné trente édifices qui, du xve siècle à la fin du xxe siècle, témoignent de l’évolution du paysage français autant que de celle des techniques. Si cet inventaire, qui ne saurait être exhaustif, traduit un ancrage sur le territoire avant tout économique, il n’exclut pas, en certaines occasions généralement fortuites, le surgissement d’un imaginaire plus ou moins débridé. En dehors de ces aléas oniriques capables de s’introduire dans une architecture qui, a priori, devrait en être absolument dépourvue, la puissance de l’imagination est à l’origine des plus fabuleux projets humains : Carcassonne, par exemple, joyau capétien dans lequel le génial Viollet-le-Duc a ré-injecté de la substance au xixe siècle. La cité médiévale est abondamment traitée dans le catalogue de l’exposition présentée à la Conciergerie, « Rêve de monuments ». Christian Corvisier y a réuni des auteurs d’horizons variés afin d’écrire une certaine histoire du château gothique. Dès son apparition au Moyen Âge, écrivains et peintres s’approprient le château pour lui insuffler une puissance supplémentaire, celle du fantastique. En s’attardant délicieusement sur l’époque romantique, le livre montre comment, à travers les siècles, cette fascination n’a jamais cessé de se nourrir et de se renforcer.

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