Chronique Feux croisés de Samar Yazbek

Par Samuel Hoppe, Librairie Le Moniteur, Paris 6e

Depuis plus d’un an, la Syrie est en état de guerre civile. Le pays est bloqué et sa population périt sous les balles, tandis que la communauté internationale peine à mettre un terme aux horreurs et aux massacres.

En mars 2011, porté par l’enthousiasme des révolutions tunisienne et égyptienne, le peuple syrien se prend à rêver d’émancipation. Le 15 mars, les murs de Deraa, au sud du pays, se couvrent de graffitis hostiles au régime de Bachar al-Assad. La réponse du pouvoir est aussi rapide que brutale. Et celle que la jeunesse y apporte, en réaction, se traduit par un immense et unanime mouvement de colère exigeant davantage de libertés et de démocratie. Dans un premier temps, l’État tente de faire croire à un conflit opposant deux clans religieux, majorité sunnite contre minorité alaouite dont est issu le président. Très vite pourtant, les manœuvres du régime apparaissent pour ce qu’elles sont, un outil de propagande. Quant à la répression, elle s’intensifie avec une violence jusque-là inégalée depuis que le clan al-Assad gouverne aux destinées de l’ancien mandat français. Les services de sécurité du parti Baas, inféodé à Bachar al-Assad, reçoivent l’autorisation de torturer et de tuer, jusque dans les hôpitaux, les citoyens qui manifestent. Bien qu’appartenant à la minorité alaouite, la romancière Samar Yazbek est une opposante des premiers jours. Elle a décidé de tenir son journal de la révolution le jour où elle s’est rendu compte du piratage de sa page Facebook, de la suppression de certains de ses commentaires et de l’ajout de menaces contre sa fille. Le papier restait le seul espace non contrôlable à distance par les mystérieux services secrets syriens. Ses lignes racontent la peur et l’horreur dans lesquelles vivent les Syriens. Elle dit comment les libertés s’étiolent, elle dit le désir du peuple syrien à vivre ensemble, au-delà des particularités confessionnelles sunnite, alaouite, druze, chrétienne, ismaélienne… Elle dit les morts. Elle raconte son arrestation et sa détention, elle relate ses rencontres avec des gens habités par l’espoir que cette lutte n’est pas vaine et qu’elle débouchera sur une vie meilleure. Aujourd’hui, Samar Yazbek est réfugiée en France d’où elle poursuit la lutte.

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