Dossier Lucien Hervé/Hans Ulrich Obrist de

  • Coll. «Coll. « Une conversation »»
  • Manuella
  • 01/10/2011
  • 80 p., 9.50 €

Par Samuel Hoppe, Librairie Le Moniteur, Paris 6e

Deux livres permettent à Lucien Hervé de sortir de l’ombre, d’abord avec l’excitant travail qu’il a mené autour de l’œuvre de Le Corbusier, ensuite par le biais d’un ouvrage qui revient sur sa vie et sa conception de la photographie.

1949. Sur le conseil avisé du père Couturier, animateur de la revue Art sacré et intensément touché par l’architecture de Le Corbusier, Lucien Hervé prend 650 photos de la Cité radieuse de Marseille. Comme dans beaucoup de bâtiments modernes, une affiche occupe le hall de la Cité radieuse qui requiert de la part des photographes venus prendre des clichés des bâtiments, d’obtenir l’autorisation de l’architecte avant toute publication. Lucien Hervé, de son nom de résistant, s’exécute et reçoit en retour une réponse de Le Corbusier qu’il considère comme « le plus beau compliment jamais reçu ». « Vous avez l’âme d’un architecte », lui déclare-t-il. Il devient dès lors le photographe de Le Corbu jusqu’à sa mort en 1965. Contacts , réalisé très élégamment par le Seuil, retrace cette étonnante collaboration entre un architecte et un photographe. 200 des 1200 planches conservées par la Fondation Le Corbusier sont ici présentées. Quentin Bajac, du Centre Pompidou, leur préfère la formule « planches de contact » à planches-contacts, car un premier tri et une cotation étaient effectués par Lucien Hervé avant que les clichés ne soient soumis à l’autoritaire architecte. Les photos aux ombres tranchantes réalisées par Hervé sont accompagnées des précieuses analyses de Jacques Sbriglio, architecte marseillais et grand spécialiste de Le Corbu. Si Contacts est l’occasion de se réjouir de remarquables prises de vues, la publication par Manuella Éditions* d’un entretien réalisé en 2003 par Hans Ulrich Obrist, critique d’art et curateur, éclaire le lien de Lucien Hervé à la photographie en évacuant beaucoup des zones d’ombre chères au photographe. On y apprend sa fascination pour les cinéastes russes et la philosophie grecque – mais son antipathie pour Platon. Il souligne aussi que toutes les formes d’art doivent être considérées sous le rapport de la réciprocité. Un autre moyen pour appréhender l’énergie créatrice dégagée par le duo Le Corbusier-Hervé.

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