Chronique Leonora de Elena Poniatowska

Par Antoinette Roméo-Brunier Librairie Le Cadran lunaire (Mâcon)

Sa vie fut dense, intense, exceptionnelle, il fallait bien qu’un écrivain s’empare un jour de son personnage. C’est chose faite grâce à Helena Ponitowska. Leonora Carrington a désormais son roman.

Leonora fut une petite fille riche, une adolescente rebelle, intenable, une jument fougueuse exilée en France. Elle devint la compagne de Max Ernst et s’installa à Saint-Martin-d’Ardèche, se mit à peindre, écrire, fréquenta les surréalistes, puis devint folle, puis new-yorkaise, puis cubaine, puis mère, et toujours peintre jusqu’à devenir l’une des plus grandes artistes du Mexique. Et pourtant, malgré cette vie d’une richesse rare et d’une démentielle densité, aucun roman ne lui fut jamais consacré. Julotte Roche publia au Temps qu’il fait Max et Leonora, mais elle n’y évoquait que quelques bribes de la vie de cette grande dame. Alors que Leonora vient de disparaître, Helena Poniatowska s’est saisie du destin hors du commun de l’artiste et nous livre le roman d’une femme des marges, à la vitalité « équine », d’une beauté sauvage, habitée par des démons qui parfois la ravageaient. Elle a côtoyé les plus grands personnages du monde de l’art du xxe siècle, elle a su s’affranchir de ses origines et de l’ombre de Max Ernst, elle a apprivoisé ses peurs pour qu’enfin explose toute la majesté de son génie. Magnifique hommage. Leonora est un personnage furieusement surréaliste.

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