Chronique L’Averse de Fabienne Jacob

Par Antoinette Roméo-Brunier Librairie Le Cadran lunaire (Mâcon)

Roman d’une grande puissance littéraire, L’Averse est l’une des révélations de cette rentrée 2012. Après plusieurs romans publiés chez Buchet-Chastel, Fabienne Jacob entre chez Gallimard.

Tahar, c’est celui qui ne parle pas, corps inerte bientôt inhabité, que seuls les souvenirs viennent troubler. Allongé entre son beau-père, fervent chrétien, une épouse aimante, un fils sans parole, Tahar se souvient. L’enfance en Algérie, le sable, la graine qui glisse entre les doigts de la mère, la prononciation du père, Souad, la complice de l’enfance, l’institutrice et sa robe à fleurs, les colons, la mère de Gérard la main dans les cheveux de son fils… Et puis la guerre sournoise, la chemisette beige et le pantalon en toile, le camp qu’il faut choisir envers et contre tous, Hodeguit, le gradé beuglant, ni pire ni meilleur que les autres. Puis le départ vers une autre vie, loin du soleil algérien. Tahar découvre les foyers Sonacotra, les filles à la peau de lait de ce pays qui appelle aujourd’hui ses enfants venus d’ailleurs « Français issus de l’immigration ». Tahar est plein de souvenirs. Un jour survient l’averse, bouleversante, salvatrice, tel un fleuve rompant brutalement ses digues. Après avoir fait ses armes chez Buchet-Chastel, Fabienne Jacob entre chez Gallimard par la grande porte avec un roman habité par la force des mots, une force capable de dire l’indicible… et le possible.

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