Chronique Voyages dans mon jardin de Nicolas Jolivot

Élodie Ressayre Librairie Les Lisières (Croix et Villeneuve-d'Ascq)

Nicolas Jolivot, voyageur carnettiste, s'installe dans son jardin personnel pour observer la vie qui s’y déroule. Après Japon, à pied sous les volcans, Aux sources du Nil ou Chifan !, il nous livre un voyage à petite échelle et une immersion au plus près des plantes et des petites bêtes.

 

Ce beau livre, magnifiquement édité par HongFei Cultures, offre de nous plonger dans la faune et la flore du jardin de Nicolas Jolivot. Les illustrations botaniques et entomologiques font transparaître un amour de l'observation du vivant dont l’auteur a déjà fait preuve dans ses précédentes publications.

En 2019, Nicolas Jolivot, coutumier des voyages autour du globe, décide de se recentrer sur son propre petit coin de paradis : le jardin de 300 mètres carrés qui se dissimule derrière sa maison. C’est dans cette propriété, possédée par sa famille depuis plusieurs générations, qu’il situe son premier émerveillement d’enfant lors de l’observation de la fleur d’un liseron, mais aussi l’origine de son envie de voir le monde qui le poussera à sillonner les pays lointains. La tâche de recenser ce que contient le jardin est immense et illusoire tant celui-ci fourmille de vie ! D’abord sans connaissance spécifique sur la nature, il observe, constate et dessine ce qui se passe au jour le jour. Égrenant les menus détails du quotidien à travers la présentation d'instants pris sur le vif, il raconte ce voyage dans son jardin : temps météorologique, croissance des plantes, activités des insectes, allées et venues des oiseaux et autres bêtes... Il se prend parfois d’affection pour certains animaux : un rouge-gorge dont il note la visite régulière est baptisé Jean-Noël. La description d’instants furtifs et éphémères font de Voyages dans mon jardin un livre ponctué de poésie. Par ses illustrations, l’auteur restitue la beauté de la nature, comme lorsqu’il dessine les poissons rouges dans le bassin dont l’eau est en partie recouverte de pétales de prunier soufflés par une tempête ; une image qui évoque l’iconographie chinoise. Ce jardin foisonnant, laissé en relative liberté de s’épanouir, possède une grande diversité de plantes. Leur origine est souvent marquée de souvenirs : certaines ont été rapportées de ses voyages lointains ou non, d’autres offertes par des proches. L’auteur nous fait aussi voyager dans le temps en retraçant l’histoire du terrain et la succession de ses propriétaires, depuis sa première existence administrative en 1821 jusqu’à aujourd’hui. Il localise même des vestiges plus ou moins anciens de leur passage : ici une bassine en zinc des années 1920 et là un dinosaure en plastique enfoui dans la terre et oublié lorsqu’il était lui-même enfant. On peut appréhender cet ouvrage à la fois comme un carnet de voyage et un carnet de sciences naturelles tant les illustrations sont méticuleuses. Qu’il communique avec Tino le merle (un autre oiseau baptisé) ou cueille les premières cerises de la saison pour en faire un clafoutis comme c’est la tradition, il fait bon suivre Nicolas Jolivot dans ses déambulations auprès des végétaux, insectes et petits animaux.

 

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