Chronique Vinegar Girl de Anne Tyler

  • Anne Tyler
  • Traduit de l’anglais (États-Unis) par Cyrielle Ayakatsikas
  • Coll. «NULL»
  • Phébus
  • 24/05/2018
  • 192 p., 19 €
NULL

Christophe Gilquin Librairie L’Arbre à lettres (Paris 12e)

Remarquée pour ses romans doux-amers, l’Américaine Anne Tyler nous propose aujourd’hui une comédie acidulée dans laquelle elle ne manque ni de mordant ni de malice. À la clef, un mariage arrangé. Et c’est irrésistible.

À 29 ans, Kate Battista est une vieille fille en devenir. Dépourvue d’ambition, désinvolte et un peu gauche, elle manque cruellement de tact et de délicatesse, ce qui lui attire parfois quelques ennuis. Pourtant, à en croire son père, le docteur Battista, elle a bien des qualités pour faire une bonne épouse. La preuve en est qu’elle veille sur le foyer et particulièrement sur sa jeune sœur Bunny, esprit rebelle en puissance, laissant ainsi à l’homme de la maison tout le loisir de se consacrer à ses travaux. D’ailleurs, ne serait-elle pas un parti idéal pour Pyotr ? Le visa de ce dernier arrive à expiration, les recherches sur les maladies auto-immunes sont sur le point d’aboutir et le docteur Battista ne saurait se passer d’un assistant aussi brillant et dévoué. Reste à convaincre son aînée d’accepter un mariage blanc. Manigances, quiproquos, rebondissements, Anne Tyler joue avec tous les ressorts de la comédie, annonçant des scènes des plus réjouissantes où chacun tente de tirer profit et rester maître d’une situation qui a tendance à lui échapper. Tour à tour tendre et ironique, mais toujours espiègle, la romancière ne ménage pas ses personnages et leur réserve bien des surprises. Et l’air de rien, elle gratte le vernis d’une Amérique conformiste, bousculant ces certitudes faites sur l’éducation, l’accueil réservé aux étrangers, le rôle dévolu aux hommes et aux femmes… À noter, pour la petite histoire, qu’à l’origine de Vinegar Girl, il y a un homme, un illustre, voilà 400 ans qu’il n’est plus. Pour marquer le coup, Anne Tyler s’est attelée à transposer à notre époque l’une de ses plus fameuses pièces, La Mégère apprivoisée. Si cette réécriture s’avère assez libre, on ne doute pas du plaisir qu’elle y a pris, cela se sent, et elle réussit à nous le communiquer amplement.

Les autres chroniques du libraire

À VOS MARQUES, PRÊTS, LISEZ !

Panne d'inspiration ?

Nos libraires vous conseillent à domicile
tous les vendredis pour vous et vos enfants

Je veux recevoir 6 idées lectures pour moi et ma famille

@