Chronique L’Infinie Patience des oiseaux de David Malouf

  • David Malouf
  • Traduit de l’anglais (Australie) par Nadine Gassie
  • Coll. «Grandes traductions»
  • Albin Michel
  • 31/01/2018
  • 200 p., 20 €
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Christophe Gilquin Librairie L’Arbre à lettres (Paris 12e)

David Malouf est l’une des plus belles voix de la littérature australienne et L’Infinie Patience des oiseaux, paru en 1982, est considéré comme un classique. Les éditions Albin Michel ont le bon goût de nous le faire découvrir aujourd’hui.

Jim Saddler est un jeune homme du Queensland qui a du mal à trouver sa place dans le monde. Doté d’une grande sensibilité, il se passionne pour les oiseaux migrateurs qu’il observe inlassablement dans les marais alentours. C’est là qu’il fait la rencontre d’Imogen Harcourt, une photographe anglaise, et d’Ashley Crowther, le propriétaire de cette lande luxuriante. Ce jeune héritier qui se plaît à jouer les mécènes, impressionné par les connaissances de Jim, lui propose spontanément de travailler pour lui. Ensemble, ils projettent de transformer une partie de ces terres en un sanctuaire pour oiseaux. Pendant ce temps, de l’autre côté du globe, la guerre éclate. Elle n’épargnera pas les deux hommes qui se retrouvent, bon gré mal gré, engagés dans ce conflit d’une incroyable violence. En peintre minutieux, David Malouf compose un diptyque saisissant, décrivant une nature tout en contrastes. Celle qui apparaît comme un refuge, un jardin idyllique préservant l’innocence, un monde sauvage et exaltant qui accueille la beauté, se transforme en un vaste paysage désolé et meurtri, un terrain de jeu macabre où la mort, qui frappe sans prévenir, se gorge de sang et de boue. Aussi le romancier évoque l’expérience traumatisante qu’est la vie dans les tranchées. Chaque jour voit son lot de morts et de mutilés. Là, le courage et l’endurance n’apportent aucune garantie pour survivre. Il faut s’en remettre à la chance, si l’on peut dire. Jim verra disparaître tour à tour ses proches camarades, dans des circonstances toujours plus insoutenables, avant de finir lui aussi par être emporté. Un triste gâchis, déplorera Imogen, les yeux posés sur la mer, le regard soudainement accroché par un surfeur qui sombre et se relève. Qui sombre. Qui se relève.

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