Chronique Trop de bonheur de Alice Munro

  • Alice Munro
  • Traduit de l’anglais (Canada) par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso
  • L’Olivier
  • 11/04/2013
  • 320 p., 24 €

Wilfrid Séjeau Librairie Le Cyprès/Gens de la lune (Nevers)

Les très bons nouvellistes maîtrisent l’art de dire beaucoup en peu de mots et de frapper le lecteur en plein cœur. Alice Munro est une grande nouvelliste.

Il existe plusieurs façons de rendre compte d’un recueil de nouvelles. Il y a celle qui consiste à raconter brièvement l’histoire de ses textes les plus marquants, évoquer les personnages les plus touchants ou les situations les plus frappantes, ou encore trouver un thème, un fil conducteur, quitte à forcer un peu le trait pour déceler une problématique générale. Ce ne serait pas rendre justice au dernier ouvrage d’Alice Munro, dont la subtile ironie du titre, Trop de bonheur, donne le ton, à défaut d’indices. De Trop de bonheur, on peut dire que ce sont des histoires de femmes, dire aussi l’émotion forte et profonde ressentie à la lecture, le questionnement qui lui a succédé au sujet de liens invisibles, mystérieux entre les personnages. Alice Munro nous égare. On pense comprendre ses personnages, mais ils ne cessent de nous échapper pour finalement disparaître. On croit saisir dans l’enchaînement des événements un destin, une logique, et pourtant demeure un sentiment d’imprévisibilité et de provisoire. À quoi tiennent les choses, à quoi tiennent nos histoires, semble s’interroger l’auteure. À quoi tient le bonheur ? Peut-être à quelque chose de gracieux, de fragile, de sensible, comme un recueil de nouvelles.

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