Chronique Olympe de Roquedor de Jean-Philippe Arrou-Vignod, François Place

Bénédicte Cabane Librairie des Danaïdes (Aix-les-Bains)

Dans la droite ligne des romans de cape et d’épée qui ont bercé notre enfance (Les Trois Mousquetaires ou Le Capitaine Fracasse notamment), Gallimard Jeunesse nous propose un texte du genre écrit à quatre mains par deux grands auteurs de la littérature de jeunesse : Jean-Philippe Arrou-Vignod et François Place.

Petite marquise qui n’a pas froid aux yeux et qui lutte coûte que coûte pour reconquérir son domaine et surtout sa liberté, Olympe de Roquedor séduira les lecteurs de tout âge à travers ce beau roman d’aventure, d’amitié, d’entraide… Un roman de cape et d’épée passionnant, résolument moderne et féministe.

 

Place aux Temps modernes : la Renaissance a pris fin et le siècle des Lumières n’est pas encore commencé. Olympe croupit dans un couvent où l’a envoyée son tuteur à la mort de son père. Sa vie, ce jour-là, a radicalement changé : après avoir reçu une éducation libre, éclairée et naturaliste (Rousseau et Voltaire ne sont pas loin), prodiguée par un père qu’elle chérissait tendrement et qui la chérissait tout aussi tendrement, elle est devenue prisonnière –pardon, pensionnaire ! –d’un couvent où des sœurs lui enseignent une foi d’un obscurantisme exacerbé. Mais, un beau jour, une voiture vient pour la chercher. Olympe y croit, elle pense que ça y est : ayant 16 ans désormais, elle va recouvrer son domaine et surtout sa liberté ! Mais elle comprend rapidement que d’une prison, elle tombe dans une cage dorée. Son parrain la destine en effet à épouser son fils afin de faire main basse sur ses biens. Ainsi, dès qu’elle en a l’occasion, Olympe, la petite marquise, prend la poudre d’escampette. Dans sa fuite, elle rencontre un vieux soldat amnésique et borgne, un certain Décembre, qui devient bientôt son plus précieux soutien. Oost, un jeune homme maladroit, sensiblement du même âge qu’elle, au passé trouble (il a été notamment mousse), prend lui aussi fait et cause pour cette jeune orpheline. Il y a de l’Olympe de Gouges dans cette Olympe de Roquedor, flamboyante, luttant pour sa liberté, épée au poing, avec une crinière rousse qui la fait passer aux yeux de certains pour une sorcière, quand d'autres voient en elle un ange. Les chats et les orages s’en mêlent. Les hommes aussi bien sûr, méchants ou gentils, mais surtout un peu des deux. Que de combats elle devra mener pour espérer retrouver son domaine et surtout décider par elle-même de son avenir ! C’est une étonnante surprise de découvrir ce texte écrit à quatre mains. Bien malin qui pourra dire qui a écrit quoi ! Jean-Philippe Arrou-Vignod avait habitué ses lecteurs à des textes facétieux entre ses Enquête au collège et ses Histoires des Jean-Quelque-Chose (Gallimard Jeunesse). François Place avait quant à lui conquis le public avec son album Les Derniers Géants (Casterman) et la géographie imaginée des mondes d’Orbae (Casterman). Là, ils nous surprennent avec un roman de genre peu courant à notre époque et dépoussiéré par leurs soins. La magie opère et le lecteur est emmené littéralement à la suite des aventures d’Olympe de Roquedor. Le nec plus ultra : les illustrations pleine page en noir et blanc de François Place. Eh oui, Olympe de Roquedor a un visage et il sera inoubliable !

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