Littérature étrangère
Alan Murrin
La Route de la côte

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Alan Murrin
La Route de la côte
Traduit de l'anglais (Irlande) par Emmanuelle Heurtebize
Calmann-Lévy
05/03/2025
380 pages, 22,90 €
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Chronique de
Linda Pommereul
Librairie Le Failler (Rennes) -
❤ Lu et conseillé par
7 libraire(s)
- Laurence Behocaray de I.U.T. Carrières sociales, Université (Tours)
- Aurélie Janssens de Page et Plume (Limoges)
- Delphine Olivier-Auzie de Le Pain de 4 livres (Yerres)
- Florence Reyre de Du côté de chez Gibert (Paris)
- Margot Bonvallet de Passages (Lyon)
- Charline Caron de De l'encre à l'écran (Le Guilvinec)
- Fabienne Boidot-Forget de Le Bruit des Mots (La Flèche)

✒ Linda Pommereul
(Librairie Le Failler, Rennes)
Dans ce roman, exploration de la condition féminine en Irlande dans les années 1990, Alan Murrin se confronte au passé conservateur de son pays. Un texte délicat et bouleversant où l’émotion affleure à chaque instant.
Alan Murrin compose dans ce premier roman, La Route de la côte, le portrait sensible d’une petite communauté dans le comté du Donegal en 1994 à une époque où le divorce en Irlande est encore illégal. Colette Crowley est une poétesse, un esprit libre qui a quitté son mari et ses trois fils pour entretenir une relation avec un homme marié. De retour dans son village, son mari l’empêche de voir ses enfants. Elle s’installe dans un vieux cottage sur la route côtière qui appartient à la famille Mullen. Elle fait alors la connaissance de Dolores, enceinte de son quatrième enfant. Une épouse délaissée qui subit les affronts d’un mari coureur de jupons. Elle se lie aussi d’amitié avec Izzy qui a elle aussi des problèmes avec James, son époux, un homme politique autoritaire. Alors que les ragots et la rumeur se cristallisent autour de Colette, Izzy est la seule qui lui apporte son soutien. Colette hésite à divorcer, dépendante de cet homme qui la prive d’être mère. Pourtant elle organise sa vie autrement, se crée un nouvel espace de vie, malgré le conservatisme ambiant et les préjugés. Alan Murrin fait resurgir les tragédies intimes quand il évoque la solitude, la sexualité et les chimères de l’amour dans une société bien-pensante. Colette est une rêveuse qui comprendra que la réalité est parfois rude puisqu’on ne lui pardonnera pas son écart. Dans ce texte qui se déroule sur plusieurs semaines, Alan Murrin photographie avec habilité et subtilité le mariage à une époque où la religion imprègne la société. Il n’y a pas d’autres choix que celui de la bonne morale. Colette, Izzy et Dolores essaient d’échapper à leur destin avec, pour seul ami dans la tourmente, le bienveillant curé récemment installé qui écoute et ne juge pas. Alan Murrin a beaucoup d’humour mais surtout une voix qui fait écho à ce chœur de femmes.