Polar

Pierre Lemaitre

Le Serpent majuscule

photo libraire

Chronique de Séverine Aumont-Sanz

Libraire Volte pages (Olivet)

Pierre Lemaitre, prix Goncourt 2013 pour son magistral Au revoir là-haut (Albin Michel et Le Livre de Poche), nous offre, avec Le Serpent majuscule, un roman jubilatoire et déjanté. Mathilde, 63 ans, veuve, chevalier des Arts et Lettres, résistante, petite, large, lourde. Profession : tueuse à gages. Arme de prédilection : l’arme blanche ou le pistolet. Compagnon : un dalmatien qui perdra la tête aussi. Mathilde sème les cadavres comme d’autres plantent des géraniums. Mais voilà, les erreurs s’accumulent : elle oublie de se débarrasser de ses armes, se trompe de cible, sa mémoire lui joue des tours et, dans ce métier, c’est intolérable. Ne pouvant être mise à la retraite, la voilà avec son supérieur (ancien amour) et la police (un inspecteur russe et son chef mangeur de cacahuètes) à ses trousses. Peu retouché, ce texte écrit en 1985 a un petit côté suranné : pas de portables mais des cabines téléphoniques, pas de GPS mais des planques et des filatures ! On sent déjà le talent de l’auteur à faire vivre ses personnages et faire monter la pression jusqu’au choc final. C’est caustique, loufoque, sans aucune morale mais tellement réjouissant !

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