Chronique Alma, t.2 de Timothée de Fombelle

Amélie Bouret Librairie Terre des livres (Lyon)

Deuxième opus de la série initiée avec Alma, Le vent se lève, Alma, L’enchanteuse poursuit son immersion dans les méandres de la traite négrière de la fin du XVIIIe siècle. Encore un grand roman d’aventure signé Timothée de Fombelle, à couper le souffle !

Alma n’avait jamais quitté la vallée d’Isaya en Afrique, avant de partir sur les traces de son petit frère, pris dans les griffes des chasseurs d’esclaves. Dans le premier tome de cette trilogie, elle traversait elle aussi l’Atlantique à bord d’un négrier. Son histoire croisait celle de Joseph Mars, passager clandestin en quête d’un trésor. Armateurs véreux, jeune héritière ruinée, capitaines fourbes et marchands peu scrupuleux brossaient un portrait richement documenté du commerce des esclaves dans ce premier tome. Le tableau s’étoffe avec ce deuxième volet : après la traversée, direction Saint-Domingue. Des bayous de Louisiane aux plantations de cannes à sucre, Alma continue à chercher son frère, sans savoir que presque toute sa famille a également débarqué sur le continent américain, tandis que Joseph et le pirate Luc de Lerne ne lâchent pas la piste du mystérieux trésor. Fraîchement débarquée dans les Caraïbes, Amélie Bassac rejoint le domaine des Terres Rouges dont elle hérite. Les destins et les trajectoires se croisent, dans un récit dense où le foisonnement de péripéties, cher à Timothée de Fombelle, ne laisse pas une seconde de répit ! L’Histoire sanglante de la traite s’écrit sans fard mais avec finesse dans cette Louisiane où cohabitent esclaves, Noirs libres et perruquiers de la bourgeoisie blanche. Dans ce théâtre d’intrigues, on assiste à la fin de l’ère du cacao et aux débuts du coton, ce « petit ogre pâle, jamais rassasié d’eau claire et de chair humaine » dont « on doit prendre soin de chaque pousse comme on ne prend soin d’aucun être humain à des dizaines de lieues à la ronde. » Au-delà des seules plantations, Alma, L’enchanteuse, explore tous les rouages de ce commerce mondialisé de Liverpool, dont les 10 km de quai en font la capitale de la traite, tout en évoquant la récente colonisation de l’Australie. En marge de ce système, nous assistons aux balbutiements de la Société pour l’abolition de la traite des esclaves et suivons les communautés d’esclaves en fuite. L’humour n’est jamais loin, léger et vient tancer le journalisme à sensation ou les mondanités de la cour de Versailles à l’aube de la Révolution. Alma, L’enchanteuse confirme ce que le premier tome de la trilogie proposait : une saga au souffle puissant dont il nous tarde de découvrir l’issue !

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