Bande dessinée

Brian K. Vaughan

Saga, t. 10

illustration
photo libraire

Chronique de Caroline Derquin

Librairie des Halles (Niort)

Après quatre longues années d’attente, les éditions Urban Comics nous dévoilent enfin le dixième tome de la série Saga et c’est avec grand plaisir que nous replongeons dans l’histoire d’Hazel et de sa famille, en fuite au cœur d’un conflit universel, et des nombreux personnages qui les entourent.

Alana vient de Continent, elle a des ailes et manie des armes technologiquement avancées. Marko vient de Couronne, la seule lune habitée de Continent, il a des cornes et pratique la magie. Ces deux peuples se font la guerre depuis des décennies, à tel point que leur conflit s'est étendu à l'ensemble de l'univers, condamnant chaque planète, chaque peuple à choisir son camp. Marko est un prisonnier de guerre et Alana est assignée à sa surveillance. Mais ces deux-là vont tomber amoureux et s'enfuir. Et comme si la désertion n'était pas suffisamment une trahison aux yeux de leurs peuples, la naissance d'Hazel, narratrice de notre histoire, est la cerise sur le gâteau ! Tous les trois sont activement recherchés : Alana et Marko pour haute trahison, Hazel parce que la simple possibilité de son existence remet en cause les discours guerriers et haineux de Continent et Couronne. Pour la famille, la fuite commence. De planète en planète, de monde en monde, de rencontres en rencontres, nous les avons vu grandir et évoluer. Depuis 2013, nous pouvons apprécier l'ampleur de l'univers de Saga, né de l'esprit de Brian K. Vaughan et de l’immense talent pour l'illustration de Fiona Staples. Mais cela faisait presque quatre ans qu’était sorti le neuvième tome (qui, il faut bien l’avouer, nous avait laissés le souffle coupé !) et c’était avec impatience que nous attendions ce dixième volume. Enfin le voici ! Et ce retour dans l’univers de Saga est un vrai plaisir. Car quel univers ! Saga est un bien plus qu’une redite de l’histoire d’amour interdite de Roméo et Juliette à la sauce space opera : c’est un univers complet, complexe et riche que l’on découvre. Chaque lieu est unique, chaque personnage a son caractère développé, a son rôle à jouer, est essentiel aux nombreux nœuds et replis du scénario. Dans cette complexité scénaristique, pourtant, tout prend sens avec une facilité déconcertante : les éléments s’emboîtent à la perfection. Et ce dixième tome s’ajoute à cette construction d’univers comme une évidence. Même après quatre ans, il suffit de quelques pages pour retrouver ce monde immense comme si on l’avait quitté la veille. On se délecte de nos retrouvailles avec ces personnages qui nous sont chers ; on rit, on souffre, on pleure avec eux. Quatre ans n’auront pas suffi à faire oublier la beauté, la richesse et la cruauté de l’univers de Saga mais quelques secondes à peine suffisent à faire oublier cette longue attente !

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