Chronique Tout le bonheur du monde de Claire Lombardo

Alain Derey Librairie Sauramps (Montpellier)

Pour un premier roman, et une toute jeune romancière, c’est une belle réussite qu’il convient de saluer. Une histoire familiale enlevée, menée tambour battant avec une totale maîtrise des caractères et des situations.

La famille américaine Sorenson semble avoir tout pour réussir, un amour heureux et quatre filles nées a priori dans le bonheur conjugal. Tout le bonheur du monde. La rencontre inopinée entre David et Marylin est un moment savoureux : elle guette l’arrivée d’un enseignant pour lui demander des explications sur une note mais se trompe de victime. Celui-ci deviendra cependant son mari. Un duo qui vit une passion longue durée pour un voyage au long cours : « son père aimait sa mère depuis des centaines d’années ». Mais le roman ne tarde pas à nous faire passer dans les coulisses et montre les écueils de la vie de couple. Les enfants qui se succèdent connaissent l’impossibilité d‘une vie simple (est-ce que cela existe ?), en dépit de la complicité ambiguë entre les sœurs. Wendy, l’aînée au caractère trempé, fera un « beau mariage » qui la rendra riche, mais aussi veuve et désœuvrée. Violet aura d’abord un enfant non désiré, qu’elle abandonnera, mais qui réapparaîtra adolescent. Il aura un rôle majeur puisqu’il est celui qui verra cette famille de l’extérieur et avec un certain effarement. Liza est avec un compagnon dépressif qui apprendra la trahison de sa femme, enceinte, et qui la quittera. Enfin, la petite dernière, Grace, plus posée semble-t-il, mais tourmentée, connaît sa première expérience avec un homme à 23 ans, ce qui ne manque pas de surprendre dans cette famille très portée sur le sexe. Il s’agit d’une véritable encyclopédie de la famille contemporaine, qui dévoile, dans un langage direct mais non sans élégance, toutes les vicissitudes de la vie sociale. Une leçon de vie, dévidée au fil des chapitres et de manière chronologique. On trouve dans ce roman d’heureuses similitudes avec l’œuvre de John Irving, une œuvre très dense qui comporte des moments d’émotion vraie, beaucoup d’amour et de chagrin. On aura du mal à ne pas reconnaître des situations personnelles… pas toujours avouables.

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