Jeunesse

Antoon Krings

L'entretien par Elora Quendez

Librairie Le Livre à venir (Saumur)

Avec Lily Pissenlit, Antoon Krings signe le soixante-treizième album de sa grande collection « Les drôles de petites bêtes ». Drôles, touchantes et aidant à trouver sa place dans le monde, ces « Petites Bêtes » ont 30 ans et conquièrent encore chaque année de nouveaux lecteurs et lectrices en herbe. Antoon Krings a accepté de sortir de son jardin pour répondre à quelques questions.

« Les drôles de petites bêtes » ont 30 ans cette année ! Bravo ! Vos premiers petits lecteurs les lisent maintenant à leurs enfants…

Antoon Krings - C’est une sacrée récompense, au-delà de cette collection qui a perduré à travers le temps, de voir que mes premiers lecteurs sont devenus des parents et que, même s’ils ne sont pas parents, ils aient gardé une place pour ces livres dans leur bibliothèque, entre des romans et des livres de philo. C’est-à-dire une place dans leur cœur. Beaucoup de tendresse, d’amour et de gentillesse. Je suis ravi de vivre ça !

 

Comment est née la première « drôle de petite bête », Mireille l’abeille ?

A. K. - Souvent, je repense à cette petite abeille dessinée sur un coin de table il y a trente ans. C’est vertigineux que trente années plus tard (la moitié de ma vie !), elle soit encore là, dans cet univers avec tous ses amis. J’étais à la recherche de personnages que je puisse faire vivre dans une collection, les faire évoluer dans un petit monde et les regarder grandir. Un jardin clos de murs à arpenter de long en large. Je me rappelle de l’enfant que j’étais, qui observait les animaux, les guettait. La beauté des insectes m’a attiré, puis la beauté de la nature. On n’abandonne jamais son enfance, on y revient toujours.

 

Comment voyez-vous le futur pour les « petites bêtes », sachant qu’il y en a de moins en moins dans nos jardins ?

A. K. - Je m’inspire de la nature et je souffre énormément de la voir dépeuplée, alors que je me souviens que quand j’étais enfant, on pouvait trouver des salamandres, des loirs, des lérots, toute cette faune qui peuplait les jardins. Plein d’oiseaux, de petits rongeurs. Et ce jardin d’enfance, mon jardin d’enfance, j’y retourne fréquemment. Il est un peu oublié, les herbes sont hautes et la nature y reprend ses droits, la faune revient et les plantes y sont libres. Ces problèmes écologiques en pagaille, ces mauvaises nouvelles dont on est abreuvé à longueur de journée, c’est profondément désespérant. Et même si mon monde miniature est imaginaire, j’espère qu’il donnera la curiosité aux enfants d’aller découvrir leur propre jardin, de chercher les petites bêtes et d’avoir envie de les aimer et de les protéger.

 

Votre « drôle de petite bête » préférée ?

A. K. - Je n’ai pas de préférée. Je suis le papa de toute cette tribu, il ne faudrait pas faire de jaloux (rires) ! Non, ma préférée c’est toujours celle à venir, quand il y a tout à rêver et à inventer.

 

À propos de Lily Pissenlit
Au fond du jardin, dans ce soixante-treizième album des « drôles de petites bêtes », Antoon Krings nous raconte la vie de Lily Pissenlit. Cette petite abeille virevolte au gré du vent, comme les graines volatiles de sa plante fétiche. Mais Benjamin le Lutin ne l’entend pas de cette oreille : non, ce jardinier veut de l’ordre dans le jardin et commence à arracher ces « mauvaises herbes » chères à Lily ! Appelée à la rescousse, Carole la Luciole, arrivera-t-elle à faire entendre la voix de la petite abeille ? Avec ces illustrations et cette fable, toutes de douceur et d’entraide, Antoon Krings, papa de ce jardin prolifique et merveilleux, signe encore une histoire qui ravira petits et grands !