Bande dessinée
Comment en parler ?

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Nicolas Buysse
La Promesse
Illustrateur(s) : Julia Freund
D'après Marie de Lattre
Les Presses de la Cité
13/03/2025
168 pages, 25 €
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Dossier de
Isabelle Aurousseau-Couriol
Librairie de Paris (Saint-Étienne) -
❤ Lu et conseillé par
6 libraire(s)
- Isabelle Aurousseau-Couriol de de Paris (Saint-Étienne)
- Charlotte Philippon de La Nouvelle Page (Paris)
- Anaëlle Libérati de Pescalune (Paris)
- Dominique Cronier de Le Vent des routes (Genève)
- Émilie Wivincova de Le Vagabond immobile (Arreau)
- Céline Le Mat de &cetera (Pacé)

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Baptiste Cogitore
L'Enfant comète
Plon, Rodéo d’âme
24/04/2025
20 €
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Dossier de
Isabelle Aurousseau-Couriol
Librairie de Paris (Saint-Étienne) -
❤ Lu et conseillé par
1 libraire(s)
- Isabelle Aurousseau-Couriol de de Paris (Saint-Étienne)

✒ Isabelle Aurousseau-Couriol
(Librairie de Paris Saint-Étienne)
Régulièrement, des sondages révèlent que certains jeunes de 15 à 25 ans méconnaissent le terme Shoah ou en ignorent le sens. L’enseignement de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale est souvent limité à quelque douzaine d’heures dans les programmes. Alors ?
Les éditeurs nous offrent chaque année de très nombreux ouvrages sur cette période, témoignages, biographies diverses, essais historiques généraux ou thématiques pour un public averti et intéressé. Mais comment aborder ce sujet avec les jeunes adultes et leur apporter des connaissances ? Peut-être en utilisant des formes moins classiques, avec la bande dessinée, cela semble évident aujourd’hui.
C’est une histoire extraordinaire que nous proposent les éditions des Presses de la Cité dans leur collection « La Cité Graphique » : l’adaptation dessinée du roman La Promesse de Marie de Lattre (publié en 2023 aux éditions Robert Laffont), réalisée par le scénariste Nicolas Buysse et la dessinatrice Julia Freund. Marie de Lattre découvre, à l’adolescence, que les parents (biologiques) de son père Pierre, Kogan et Frieda, des Juifs d’Europe de l’Est, sont morts en camp de concentration. C’est leur « secret » mais à la mort de celui-ci, elle décide d’enquêter afin de connaître ses grands-parents et de comprendre comment Pierre a survécu et a été adopté par la famille de Lattre. Grâce à des photos, documents personnels, des dessins d’une grande poésie et de courts textes, des silences, découvrez cette histoire d’amour, de déportation et de résistance.
Parler de poésie et de Shoah, cela est incroyable et pourtant possible avec le merveilleux livre de Baptiste Cogitore, L’Enfant comète, Hanŭs Hachenburg, Prague, 1929 – Birkenau, 1944. Après avoir réalisé un documentaire filmé en 2019, Le Fantôme de Theresienstadt, Baptiste Cogitore met en mots ses recherches et tente d’échanger avec ce jeune poète tchèque Hanus Hachenburg, interné à Theresienstadt (Terezin aujourd’hui), déporté et mort à 15 ans à Auschwitz. Placé dès son plus jeune âge à l’orphelinat de Prague, c’est là qu’Hanus commence à écrire :
« Ce qui m’agrippe de sa main puissante
est une émotion de plus, qui à nouveau ébranle ma volonté. »
(extrait Vedem n°31, 16 juillet 1943)
Il va rejoindre le camp de Theresienstadt, à quelques dizaines de kilomètres de Prague, où sont internés Juifs, familles, résistants, artistes… Il participe à l’écriture du journal Vedem, réalisé par les jeunes du camp et qui nous permet de connaître aujourd’hui ses poèmes. Comment ne pas l’appeler le Rimbaud de Terezin ?
« Vous, les nuages gris métallique, battus par le vent
Vous qui fuguez vers des objectifs inconnus
Emportez avec vous l’image des cieux bleus
Emportez avec vous la fumée cendrée
Emportez avec vous le fantôme rouge du combat
Protégez-nous ! »
(Extrait Vedem n°10, 19 Février 1943.)